De l’embouchure et de la voix

Qu’y a-t-il de commun entre chanter et jouer de la flûte traversière ? De manière assez évidente, vous me répondrez que pour émettre un son, un chanteur et un flûtiste doivent tous les deux utiliser leur colonne d’air. Cependant, étant à la fois flûtiste et chanteuse, je dois dire que je maîtrise mieux  ma colonne d’air à la flûte que lorsque je chante. Cela est sans doute dû au fait que je m’attache davantage à la vitesse d’air lors de son émission au niveau de l’embouchure de la flûte avec des lèvres plus serrées que pour chanter.

Mais plus je travaille la flûte, plus je me rends compte que je recherche des sensations identiques à celle du chant. Par exemple, le principe de conserver une ouverture intérieure de la bouche (la patate chaude du chanteur) continue à s’appliquer si je désire obtenir une certaine rondeur du son à la flûte ;  je ne suis pas spécialiste mais je suppose pour obtenir le plus d’harmoniques possibles. Et puis, je trouve plus facile dans l’émission de penser l’attaque venant d’en haut plutôt que d’avoir une attaque du son assez droite et plate, surtout dans le suraigu. Enfin, j’ai l’impression d’amener dans les deux disciplines la prononciation au bout des lèvres, chose que j’ai vraiment découverte dans l’articulation en traverso baroque. Vous me direz : « mais que prononce-t-on en flûte traversière ? ». Je ne comprends pas moi-même mais je sens comme une prononciation en jouant de la flûte : le mouvement des lèvres permet de former des sortes de lettre.

Finalement, pour le chant comme pour la flûte, le geste est invisible et ne peut que se ressentir. Il devient alors important de se rappeler les sensations, l’image perçue lorsque ce geste intérieur a permis d’obtenir le résultat voulu. Combien il est parfois difficile de retrouver ce placement, si simple un jour de maîtrise et de relaxation du corps, lorsqu’on est fatigué ou que quoique l’on fasse, cela ne veut pas marcher. Mais combien une forme de bien-être à la fois physique et intellectuel vous remplit lorsque tout est parfaitement en place. Cependant, je dois dire que la sensation de bien-être est incomparable quand la voix peut prendre la couleur, le grain et l’amplitude qu’on avait imaginés au moment de chanter.

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