Beat Takeshi Kitano, gosse de peintre

Beat Takeshi Kitano présente l’exposition qu’il a créée pour la fondation Cartier, non comme une démonstration de ses talents d’artiste mais comme un moyen de divertir les visiteurs, petits ou grands. D’ailleurs, l’intitulé « gosse de peintre » de l’exposition m’avait intrigué lorsque j’avais aperçu l’affiche. Il s’agit d’une première facétie de Beat Takeshi car son père était peintre en bâtiment, métier dévalorisé au Japon.

Il n’est donc pas surprenant que cette exposition joue davantage sur le registre ludique et ne se prenne pas vraiment au sérieux. Beat Takeshi Kitano nous y montre ses facettes les moins connues du public occidental. En effet, le nom de Kitano évoque le réalisateur de film et l’acteur, un certain regard du cinéma japonais (d’ailleurs, je dois regarder Zatoichi). Toutefois, les Japonais ne le connaissent pas ou peu comme réalisateur mais plutôt comme comique et animateur car il présente huit émissions à la télévision japonaise. Son émission phare Takeshi’s castle (風雲!たけし城) apparaît dans menu W9 de la chaîne W9. Je comprends d’ailleurs en regardant cette émission les commentaires de français expatriés au Japon pour qui, comparée aux chaînes de télévision japonaises, TF1 apparaît comme une chaîne culturelle. Au personnage Kitano se superpose pour moi une image des Japonais d’un côté, attachés à affiner les détails et à respecter l’ordre établi et de l’autre, enfantins, naïfs même.

Que dire alors de Kitano qui se moque des travers des Japonais, en particulier le PDG japonais, dans des sketchs diffusés au sein de l’exposition. Dans une salle avec inscrit à l’entrée « le vrai métier de Takeshi Kitano », passent en boucle des extraits de Takeshi’s castle ainsi que d’une émission où il joue les comiques. Kitano porte toujours des déguisements plus qu’improbables dans les deux émissions. Sur un plateau de télévision, il me rappelle Antoine de Caunes dans Nulle part ailleurs sur Canal+ mais en vraiment plus déjanté, c’est-à-dire plus proche du trio De Caunes-Garcia-Jango Edwards. Passée la première impression d’amusement que quelqu’un, un Japonais qui plus est, puisse accepter de subir les différentes épreuves de l’émission, Takeshi’s castle laisse une sensation de malaise surtout après cinq à dix minutes de rediffusion de la même épreuve avec les cris et grimaces des candidats et les explosions.

Mes suffrages pour cette exposition vont à la liberté laissée au public pour rajouter ses créations à l’exposition. Ainsi, une activité consiste à choisir puis écouter des sons et de dessiner ce qu’il évoque à l’auditeur. Ce dernier peut ensuite fièrement coller son dessin sur un grand tableau blanc prévu à cet effet. On peut alors regarder également les dessins d’autres visiteurs, dessins qui s’insèrent parfaitement dans l’esprit de l’exposition. Enfin, ce que j’ai préféré par Kitano : le théâtre de marionnettes d’edo et un tableau représentant un chat tendant un piège à deux oiseaux alors qu’une souris lui passe tranquillement à côté.

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