Un tour en Picardie

J’ai joué les commis voyageurs sur les routes du Nord de la France. A deux heures de Paris, je suis allée sur l’aérodrome d’Albert-Picardie ou Albert Bray dans la Somme, région que je ne connaissais pas. J’ai eu la chance d’avoir un temps assez clément car la Somme sous la pluie doit être plutôt déprimante.

La Picardie est une région agricole avec des villages de maisons en brique rouge. La ville d’Albert est une ville importante de la Somme avec 10 000 habitants. Je suppose qu’elle est typique du Nord avec des habitations assez basses ne possédant qu’un étage. Cependant, trois édifices ont arrêté mon attention par leur taille et leur importance comparés aux autres bâtiments de la ville : la cathédrale, l’hôtel de ville et la gare. Avec le soleil, le centre ville d’Albert a un côté coquet avec ses géraniums qui égayent les rues.

Évidemment, je suis allée sur l’aérodrome pour des raisons professionnelles et j’ai pu ainsi  découvrir une nouvelle facette de l’histoire de l’aéronautique. En effet, l’aérodrome d’Albert-Picardie a été rénové en 2007 afin d’accompagner le développement de l’activité aéronautique sur le terrain. Une filiale d’Airbus toute proche de l’aérodrome monte les nez des avions d’Airbus de l’A320 à l’A380. Des Airbus belugas effectuent  trois à quatre fois par semaine l’aller-retour entre Toulouse Blagnac et Albert Bray afin de transporter les nez  jusqu’à Toulouse pour le montage final des avions. D’ailleurs, j’ai pu voir un de ces belugas sur le terrain. Ils peuvent transporter en un voyage deux nez d’A380 et un nez d’A320. Mais pourquoi trouve-t-on une usine aéronautique en pleine Picardie ? Parce que dans les années 20, Henry Potez, originaire de la région, y avait créé une usine de construction d’avions, florissante entre les deux guerres. L’usine actuelle constitue une extension de l’usine, classée, du début du 20ème siècle.

Au cours de cette traversée éclair de la Somme, j’ai été confrontée à un autre  épisode de l’Histoire : la bataille de la Somme durant la première guerre mondiale. Le Commonwealth a perdu beaucoup d’hommes au cours de cette longue et sanglante bataille avec 60 000 morts le premier jour de la bataille. Les Britanniques ne rapatriant pas le corps de leurs soldats morts sur le champ de bataille, le Commonwealth entretient des  cimetières sur des petits terrains qui constituent une partie du territoire britannique. Le paysage de la Somme est ainsi ponctué de ces cimetières indiqués par des panneaux verts et des coquelicots artificiels (poppy), symbole du souvenir de ces épisodes de guerre. Ainsi, la semaine du 11 novembre au Royaume-Uni, il n’est pas rare de voir les Anglais arborer un « poppy » artificiel à leur boutonnière. Je me dis que cette forme de commémoration donne sa valeur à un jour qui se banalise comme un jour férié en France avec la quasi disparition des vétérans de la première guerre mondiale.

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