6 – Alléger l’esprit, le corps et le porte-feuille (Shikoku 四国 18 octobre 2010)

Aujourd’hui, nous visitons les sites importants de Matsuyama à commencer par le château des seigneurs de Matsuyama qui surplombe la ville à 132 mètres. Dans les rues à 8 heures du matin, Matsuyama ne paraît pas vivre à un rythme aussi détendu que Takamatsu. Ici, les vélos circulent plus vite avec des écoliers en  uniforme ou des « salary men » en route pour le bureau. Nous effectuons la montée vers le château pour arriver un peu après 9 heures et finalement, avant le flot important des touristes. Ce château comporte tous les attributs d’une forteresse pour affronter les attaques ennemies. Nous voyons la troisième version du château. En effet, il a été reconstruit après avoir brûlé au 18ème siècle, frappé par la foudre puis entre 1966 et 1968 après les dégâts de la seconde guerre mondiale. D’ailleurs, le musée permet de visionner un documentaire filmé à l’époque pour suivre la reconstruction du château. On peut ainsi constater le savoir-faire ancestral des Japonais dans le domaine de la construction. En effet, la structure en bois de la charpente s’appuie sur un système sophistiqué d’emboitement des pièces en bois  qui la constitue ainsi que sur la fixation par des clous dans un métal qui résiste mieux à l’usure du temps que ses équivalents occidentaux. Ensuite, la fixation très solide des tuiles sur le toit à l’aide d’un plâtre spécial qui permet une excellente isolation thermique. Ce plâtre est également utilisé pour fixer dans les murs les cordes qui tiennent la structure en bois. La hantise des Japonais pour ces bâtiments majoritairement en bois reste les incendies et des sculptures en forme de poisson doivent protéger l’édifice contre ce danger. Par ailleurs, le bâtiment est  aujourd’hui équipé d’un système voyant mais nécessaire de détection d’incendie. Nous avons visité le musée du château en pantoufles vert fluo, nous étant déchaussées à l’entrée : imaginez qu’il faille ranger ses chaussures dans un casier et enfiler des pantoufles mises à disposition avant de visiter Fontainebleau ou Versailles.

Nous sommes ensuite descendues de la colline pour prendre la direction du quartier du Dogo onsen, les célèbres bains d’eau chaude de Matsuyama. Nous avons visité le site important du pèlerinage des 88 temples de Shikoku, Ishite-ji ou « temple de la main de pierre ». Nous avons dû être purifiées malgré nous, étant donné la quantité d’encens qui brûlait lors de notre passage. Les pèlerins avec leur costume blanc et leur bâton étaient nombreux à venir prier dans ce temple qui se trouve être le 51ème du pèlerinage. Nous avons mangé des udons et de délicieux « omochi » dans une petite gargote à l’entrée du temple avant de reprendre notre chemin vers les temples d’Isaniwa-jinja et Hogonji. En route, nous avons fait un détour à l’entrée d’un cimetière où des moines célébraient certainement une cérémonie à la demande d’une famille. Hogonji a été le dernier temple que nous avons visité et il s’agit de celui que j’ai préféré. En effet, chaque temple que nous avons vus possède un caractère propre et le temple d’Hogonji, adossé à la colline et sa forêt, se rapproche davantage d’une maison particulière avec un jardin  rythmé par des fleurs, des arbres, des pierres, des statues ainsi qu’un beau sol de sable. Pour la première fois au cours de notre séjour, l’atmosphère du lieu m’a fait regretter d’avoir laissé mes traces de chaussures sur le sable. Je suis donc allée chercher un râteau pour effacer mes pas et un habitant des lieux, sûrement alerté par le bruit de ratissage, est sorti du bâtiment et m’a ensuite montré comment le faire correctement. Je me suis alors dit que mon initiative l’avait obligé à ratisser le jardin à son tour.

Après les temples, nous nous sommes rapprochées du Dogo onsen dont on dit que la façade a inspiré Hayao Miyazaki pour ses bains dans le voyage de Chihiro. Nous nous y sommes initiées aux bains à la mode japonaise dans le plus petit, le « tama-no-yu ». Notre timing aux bains était parfait car nous sommes arrivées au moment où les occupantes précédentes s’en allaient et lorsque nous sommes sorties, plusieurs touristes, japonaises et américaines, commençaient à se presser dans le salon où des biscuits et du thé nous attendaient.

A la sortie du Dogo onsen, nous avons goûté de délicieuses glaces au macha et aux lyokans, une espèce d’agrume. Nous avons ensuite fait le tour de la galerie marchande proche où les habitués des bains se promènent tranquillement en yukata et ketas avec à la main  un panier en osier pour porter leur serviette et leur savon. Cette balade a été l’occasion de faire nos achats pour les cadeaux et divers souvenirs dont une flûte « fue », sorte de flûte traversière à 7 trous, pour ma part.

L’après-midi dans le quartier du Dogo onsen s’est conclu par une bière artisanale au restaurant à bière juste en face des bains pour accompagner des sashimis de bonite et des shiitake. Quel soulagement d’avoir pour la première fois  au restaurant une carte, en anglais, complètement compréhensible pour pouvoir faire son choix parmi les plats offerts.

 

 

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