Piano et quatuor à cordes en décembre à la Philharmonie de Luxembourg

Retour à un climat hivernal avec la neige à Luxembourg , j’en profite pour retourner écouter des concerts à la Philharmonie de Luxembourg.

J’ai d’abord assisté au récital donné par Grigory Sokolov autour des grands maîtres  allemands du clavier : Bach, Brahms et Schumann. J’ai dû m’habituer à la réverbération particulière du grand auditorium qui me donnait l’impression d’entendre les notes, surtout aigues, en double. En tout cas, le fil du programme était très bien trouvé avec la 2ème partita de Bach suivie des fantasien op.116 de Brahms. La seconde partie était consacrée à Schumann avec l’Humoreske op.20 et scherzo, gigue, romanze et fughette.

Je découvrais le jeu de Grigory Sokolov qui m’a beaucoup plu par la simplicité et le naturel de son expression. Il sait donner une voix, une couleur à chaque phrase. En tant qu’auditeur, on se laisse entraîner tout simplement par la musique. Pour ce concert, je me suis laissée aller à fermer les yeux pour n’écouter que le piano. J’avais entendu Eric Le Sage dans l’Humoreske lors de son récital au Théâtre des Champs Elysées plus tôt dans l’année et je dois dire que j’aime autant les deux versions de cette pièce avec d’un côté, l’élégance d’Eric Le Sage et de l’autre, le naturel de Grigory Sokolov.

Les six bis donnés par le pianiste pour un public enthousiaste restait dans la veine des maîtres du clavier étendue à Scarlatti,  Chopin avec, je crois, un prélude et un impromptu, Couperin avec le rappel des oiseaux, Rameau avec le tambourin et pour terminer une valse de Chopin. Il a tenu en haleine son public qui est resté suspendu jusqu’à la dernière note du récital. Par ailleurs, dans les pièces écrites originellement pour le clavecin, il sait parfaitement rendre leur caractère, particulièrement à mon avis dans la musique française.

Johann Sebastian Bach: Partita N° 2 c-moll (ut mineur) BWV 826 (Clavierübung I)
Johannes Brahms: Fantasien op. 116
Robert Schumann: Humoreske B-Dur (si bémol majeur) op. 20
Robert Schumann: Scherzo, Gigue, Romanze und Fughette op. 32

Le second concert était donné par le quatuor Erlenbusch sur le thème du quatuor à cordes au tournant du 20ème siècle avec des œuvres qui m’étaient inconnues. Je dois avouer que je ne suis pas très familière avec la musique de chambre de cette époque à part en musique française. Le concert se tenait dans la salle de musique de chambre de la Philharmonie, très belle dans des tons chauds de rouge et de bois clair et avec une excellente acoustique. En effet, dans cette salle dimensionnée pour l’intimité de la musique de chambre, même éloignée de la scène, j’ai pu apprécier la proximité du son des interprètes.

Ce quatuor berlinois possède un son engagé et sans fioriture. La second violon n’était pas très en train car pour ses parties solistes, j’ai trouvé ses attaques parfois approximatives. Un focus sur l’altiste du quatuor, Madeleine Caruzzo : sa biographie signale qu’elle est la première femme à avoir intégré les Berliner Philharmoniker en 1982 comme premier violon et qu’elle a étudié le violon et l’alto avec Tibor Varga.  Maîtriser à ce niveau à la fois le violon et l’alto : je dis « bravo ! ». Cependant, je dois dire que fatiguée, je n’ai pas pu pleinement profiter de ce concert. Je n’ai pas forcément bien compris le quatuor de Webern que je devrais certainement réecouter comme le reste des pièces du concert, très différentes les unes des autres avec leur atmosphère propre entre un exercice de style de Verdi ancré dans l’opéra et une œuvre inspirée par la musique populaire chez Janáček.

Michael Barenboim violon ; Petra Schwieger violon ; Madeleine Carruzzo alto ; Tim Park violoncelle

Anton Webern: Langsamer Satz für Streichquartett
Leoš Janáček: Quatuor à cordes N° 1 («La Sonate à Kreutzer»)
Igor Stravinsky: Trois pièces pour quatuor à cordes
Giuseppe Verdi: Quatuor à cordes en mi mineur (e-moll)

Pour accompagner cette expérience musicale à Luxembourg, j’ajouterai une note spéciale à mes dîners d’avant-concert dans l’enceinte de la Philharmonie à la clef de sol où l’on est

très bien reçu dans un cadre agréable et avec une carte sympathique. Je n’oublie cependant pas le plaisir renouvelé que j’ai à entendre le carillon de la cathédrale tard le soir dans les rues du centre ville.

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